Michael JOHNSON

Publié le par USPEG Athlé


Les débuts - La rencontre décisive avec
Clyde Hart (1986-1989)

Michael Johnson est né à Dallas au Texas et a fréquenté la Skyline High School avant son entrée à l'Université de Baylor. Son premier entraîneur lui faisait déjà le reproche de ne pas lever les genoux assez haut, ce qui était à l'époque la technique standardisée pour courir vite.

En 1986, Johnson finit 2e sur 200 m au Texas state High Scholl meet de Derrick Florence. Il établit sa meilleure performance sur cette distance en 21"30.

L'année suivante, Johnson entre à l'Université de Baylor, où Clyde Hart le repère, dès sa première compétition, quand il bat le record de l'université, sur 200 m en 20"41. Cette année-là, Michael Johnson fait également ces premières armes sur 400 m, où il établit un premier record personnel en 46"29. Il participe également à ses premiers Championnats universitaires (NCAA) où il termine 4e sur le relais 4x400 m aux NCAA Indoor (3e relais) et 3e sur le relais 4x400 m aux NCAA outdoor (3e relais également).

En 1988, Johnson finit 7e sur 400 m lors des séries des Sélections olympiques américaines. Aux NCAA indoor, il est disqualifié sur 200 m mais court un dernier relais en 43"5 sur le relais 4x400 m. Aux championnats outdoor, il ne termine pas le 200 m, victime d'une fracture de fatigue du péroné pendant le course. Il se rapproche de la barre des 20"0 et établit cette année-là de nouveaux records personnels sur 200 m en 20"07 et sur 400 m en 45"23. Il est classé 7e sur 200 m au niveau américain par le magazine Track & Field News.

L'année 1989 marque pour Johnson, un léger retrait en termes de performances dû à sa blessure de l'année précédente. Il finit néanmoins 2e aux Championnats des États-Unis indoor sur 400 m et gagne le titre aux NCAA indoor sur 200 m en 20"59. Il court aussi le dernier relais du relais 4x400 m en 43"8. Il est en revanche déçu par ses performances nationales en indoor. Il finit en effet respectivement 5e et 6 e des séries du 200 m aux NCAA outdoor et aux Championnats des États-Unis outdoor. Ces meilleures performances cette saison sont de 20"47 sur 200 m et 46"49 sur 400 m.

Les premières consécrations - La déception de 1992 (1990-1992)

En 1990, Johnson obtient son diplôme de fin d'études en comptabilité à l'Université de Baylor. Il est déjà à l'époque coatché par Hart et bien qu'il ait déjà gagné plusieurs médailles aux NCAA outdoor et indoor, il est déçu de ne pas avoir encore été consacré aux niveaux national et mondial. C'est pourtant cette année-là que la carrière de Johnson amorce à un bond en avant. Il gagne en effet les titres nationaux indoor sur 400 m en 47"43 et outdoor sur 200 m en 19"90. Il gagne également pour la deuxième année consécutive le titre NCAA indoor sur 200 m en 20"72 et remporte enfin le titre sur 200 m aux NCAA outdoor en 20"31. Il accroche aussi à son palmarès les titres NCAA des deux relais 4x400 m (outdoor et indoor). Une de ses premières victimes, n'est autre que le champion olympique en titre du 200 m, Joe DeLoach (battu à Edimbourg). Ces temps sur 400 m s'améliorent aussi si bien qu'il établit la 2e meilleure performance mondiale de l'année sur la distance en 44"21 (juste derrière Danny Everett, meilleur performeur de l'année en 44"06). Il finit l'année classé numéro 1 mondial sur 200 m et 400 m par le magazine Track & Field News.

Michael Johnson remporte l'année suivante le premier de ses 9 titres mondiaux lors des Championnats du monde de Tokyo, en remportant le 200 m en 20"01, devant celui qui deviendra son plus grand adversaire sur la distance, le namibien Frankie Fredericks, 2e en 20"34, ce qui constitue la plus grande différence entre un premier et un deuxième (0"33), Jeux Olympiques et Championnats du monde confondus, depuis Jesse Owens en 1936. Il gagne aussi cette année-là le titre national sur 400 m indoor en 46"70 et sur 200 m outdoor en 20"31. Comme l'année précédente, il est classé numéro 1 sur 200 m et 400 m par Track & Field News. Il est le meilleur performeur sur les deux distances (19"88 et 44"17).

En 1992, Johnson descend pour la première fois sous les 44 secondes sur 400 m (43"98) lors du meeting de Londres. Il gagne brillamment les Sélections olympiques américaines sur 200 m en 19"79 devant Michael Marsh. Au Jeux Olympiques, Johnson est considéré comme le grand favori pour le titre olympique sur 200 m, mais victime d'une intoxication alimantaire contractée quelques jours avant les Jeux, il termine 6e de la deuxième demi-finale (la première ayant été remporté par Michael Marsh en 19"73), ce qui le prive de son premier titre olympique individuel. Il remporte malgré tout le titre olympique sur 4x400 mètres, auréolé d'un nouveau record du monde, en compagnie de Quincy Watts, Andrew Valmon et Steve Lewis, grâce à un relais de 44"0. Il est classé numéro 3 sur 200 m et numéro 5 sur 400 m par Track & Field News.

La domination sans partage - L'exploit de 1996 (1993-1996)

1993 est pour Johnson l'année de la revanche après la déception des Jeux Olympiques, l'année précédente. Il se présente donc aux Championnats des États-Unis, à Eugene, sélectifs pour les prochains Championnats du monde, avec de grandes ambitions, notamment sur 400 m où il progresse régulièrement depuis quelques années. Il remporte le titre national en établissant un nouveau record personnel en 43"74, reléguant le champion olympique en titre Quincy Watts loin dérrière. A Stuttgart, deux mois plus tard, il remporte le premier de ses quatre titres mondiaux sur 400 m, en 43"65, battant Harry "Butch" Reynolds en finale des Championnats du monde. Quelques jours plus tard, il établira un nouveau record du monde sur le relais 4x400 m en 2'54"29, en courant le dernier relais en 41"94, soit le relais le plus rapide de l'histoire (sur 400 m lancé) et le seul sous 43". Il finit l'année classé numéro 4 sur 200 m et numéro 1 sur 400 m par Track & Field News.

L'année suivante, Johnson se concentre sur l'idée de passer sous 10" sur 100 m. Il finit 8e des Championnats américains sur cette distance car blessé. Il réussira cependant à établir un record personnel sur 100 m en 10"09 à Knoxville. Il n'en continue pas moins sa marche dévastatrice sur 200 m et sur 400 m, finissant l'année numéro 1 mondial sur les deux distances.

En 1995, il demande à l'IAAF, l'autorisation d'aménager les horaires du 200 m et du 400 m afin de lui permettre de participer à ses deux épreuves lors des Championnats du monde de Göteborg. Pendant ce temps, Johnson continue sa préparation et renoue avec les compétitions en salle. Il montre son état de forme grandissant en battant par deux fois le record du monde du 400 m (44"97A à Reno puis 44"63 lors de son titre national à Atlanta) et devenant par la même occasion le premier homme à courir sous 45"00 en salle. En juin, apprenant l'accord favorable de l'IAAF concernant sa demande d'aménagement des horaires du 200 m et du 400 m aux Championnats du monde, il s'aligne donc sur les deux distances aux Championnats des États-Unis, à Sacramento, qu'il gagne facilement, respectivement, en 19"83w et 43"66, remportant les six course (séries et finales). Il devient à la fois, le premier athlète de l’histoire à gagner aux mêmes championnats nationaux les titres du 200 m et du 400 m et le premier à courir en moins de 20" sur 200 m et moins de 44" sur 400 m dans le même meeting. Début août, aux Championnats du monde de Göteborg, il signe le premier doublé 200/400 m de l'histoire de l'athlétisme en réalisant respectivement 19"79 sur le 200 m et 43"39 (actuellement la 3e performance de tous les temps) sur le 400 m, Butch Reynolds finissant 2e en 44"22 soit 0"83 derrière lui. Il complète sa moisson scandinave en remportant le tite mondial du relais 4x400 m. Pendant ces championnats il a réussi le tour de force de courir 9 courses en 9 jours. Il finit bien entendu l'année, classé numéro 1 sur 200 m et sur 400 m par Track & Field News.

En 1996, calquant sa préparation sur celle qui l'avait amené à son doublé mondial, l'année précédente, Johnson remporte identiquement le titre national sur 400 m en salle en passant une nouvelle fois sous 45" mais échouant de peu face à son propre record du monde (44"66). Bien décidé à effacer le record du monde du 200 m (19"72), détenu depuis 17 ans par l'italien Pietro Mennea, Johnson se concentre plus spécifiquement sur le 200 m. Il veut en effet effacer une bonne fois pour toute sa déception de 1992. En juin, il arrive donc avec pleins d'ambitions aux Sélections olympiques américaines qui se déroulent sur la toute nouvelle piste olympique d'Atlanta, celle-là même où auront lieu les Jeux Olympiques un mois et demi plus tard. Cette piste est déjà réputée très rapide, comme Johnson a déjà pu s'en rendre compte, un mois auparavant en remportant le 200 m du meeting d'Atlanta en 19"83. En finale du 200 m, il bat enfin le record du monde du 200 m, en 19"66, sur lequel Carl Lewis et Michael Marsh avaient échoué de peu. Sur 400 m, fort de plus de 50 victoires sur la distance depuis 1992, il est presque intouchable, et remporte la course en 43"44 devant Butch Reynolds (2e en 43"91). Peu avant les Jeux Olympiques, Johnson enregistre pourtant sa première défaite sur 200 m depuis le 6 juillet 1994, quand il est battu par Frankie Fredericks à Oslo, pour seulement 3 centièmes.

Fin juillet, aux Jeux Olympiques d'Atlanta, il est quand même le grand favori sur les deux distances et peut devenir le premier coureur à réaliser le doublé 200 m/400 m lors d'une même olympiade. Le 29 juillet, il remporte tout d'abord le titre olympique sur 400 m en 43"49 avec presque une seconde d'avance (0"98) sur le britannique Roger Black, 2e en 44"41. Il bat par ailleurs le record olympique (43"50) établi quatre plus tôt par Quincy Watts aux Jeux Olympiques de Barcelone. Trois jours plus tard, lors de la finale 200 m, il réalise une course d'anthologie en pulvérisant de plus de 3 dixièmes son propre record du monde en 19"32. Le second de la course, Frankie Fredericks, finit près de 4 mètres derrière Johnson en 19"68. Ce temps ramène la moyenne du 100 m à 9"66, largement en dessous du record de 9"84, battu au cours de ces mêmes Jeux Olympiques par le canadien Donovan Bailey. Les mesures chronométriques ont même montré qu'il avait parcouru son deuxième 100 m en 9"20, temps que l'on imaginait impossible pour un être humain. Johnson déclara après son record : « Je pensais que 19"5 ou 19"4 étaient possibles, mais 19"3, c’est incroyable. » Ce record n'a toujours pas été battu depuis. L'athlète qui s'en est le plus approché est l'américain Tyson Gay à Indianapolis, le 24 juin 2007 avec un temps de 19"62. L'écart de 30 centièmes représente à peu près 3 mètres sur un 200 m. Johnson quitte alors les Jeux Olympiques, acclamé comme étant « l’homme le plus rapide du monde », volant ainsi la vedette à Donovan Bailey, le tout nouveau champion olympique du 100 m.

Quelques mois après cet exploit, Michel Jazy, médaillé d'argent sur 1 500 m aux Jeux Olympiques d'été de 1960 à Rome, déclara au journal L'Equipe : « Alors que tous les autres trouvaient ses 19"32 fantastiques, j'étais triste et je n'ai pas pu applaudir. Pour moi Johnson n'était pas un être normal. » A la fin de l'année, Johnson reçoit le James E. Sullivan Award, couronnant le meilleur athlète amateur de l'année et fait la une de Time Magazine.

Le coup d'arrêt (1997)

Johnson commence cette saison 1997 en remportant le 400 m du meeting de Waco au Texas en 43"75. Après une très grande campagne publicitaire, à laquelle Johnson participe, se déclarant « l'homme le plus rapide du monde », il est décidé d'organiser une rencontre entre Johnson et Donovan Bailey, afin de départager les deux hommes. L'événement se tient début juin, à Toronto, au Rogers Centre (rebaptisé depuis SkyDome), sur une distance de 150 m (75 m de virage et 75 m de ligne droite). Le vainqueur de la course empochera le montant de 1,5 million de dollars. Pendant la course, les deux hommes sont à égalité jusqu'à la sortie de virage, où Johnson abandonne sur blessure, laissant le champ libre à Bailey qui gagne facilement la course. Johnson a, dans les semaines qui ont suivies la course, eu beaucoup de difficultés à récupérer de cette blessure au quadriceps. Il manque donc, par conséquent, les championnats des États-Unis, lui interdisant par conséquent de participer aux prochains Championnats du monde qui se dérouleront à Athènes en août. L'IAAF, en la personne de son président Primo Nebiolo, décide quand même de l'inviter aux Championnats en raison du fait qu'il est champion du monde en titre sur trois distances. Cette décision a depuis fait jurisprudence et maintenant tout champion du monde en titre est qualifié d'office pour les prochains Championnats du monde. Néanmoins, insuffisamment rétabli de sa blessure pour courir un 200 m, Johnson ne s'aligne que sur le 400 m. Le 5 août, il remporte avec quelques difficultés son troisième titre mondial en 44"12, bien qu'ayant manqué de se faire éliminer en quart de finale.

L'apogée sur 400 mètres (1998-2000)

En 1998, année sans grande compétition mondiale, il confirme son statut sur 400 m en remportant les Goodwill Games à New York en 43"76. Ce même jour, il établit avec Jerome Young, Tyree Washington et Antonio Pettigrew, un nouveau record du monde du relais 4x400 m en 2'54"20. Bien que battu à Oslo (3e en 44"58), il établit quand même la meilleure performance mondiale de l'année à Zurich en 43"68. De nouvelles blessures aux ishio ne lui permettent de courir que deux 200 m seulement cette année-là.

L'année suivante, Johnson est à nouveau blessé et ne peut concourir aux Sélections américaines. Il accepte alors une nouvelle invitation de la part de l'IAAF, pour participer aux Championnats du monde de Séville. Comme pour remercier la fédération internationale, il annonce quelques jours avant les championnats qu'il battra le record du monde, propriété de Butch Reynolds depuis 11 ans : « Mon objectif est de battre le record du monde du 400 mètres, et les championnats du monde de Séville pourraient être la meilleure occasion. » Et Johnson de gloser : « Ça faisait tellement longtemps que je n'avais plus rien à prouver, et là, je devais faire taire tous ces détracteurs. » En effet plusieurs observateurs de l'époque voient le déclin de Johnson qui à bientôt 32 ans, ne domine plus autant son sport.

le 24 août, lors de la demi-finale, Johnson part sur des bases très élevées et passe en 21"0 aux 200 m. Mais voulant se réserver pour la finale, il se relève dans la dernière ligne droite pour finalement couper la ligne en 43"95. Deux jours plus tard, en finale, il est opposé à son compatriote Jerome Young ainsi qu'à deux nouveux venus sur la distance, le mexicain Alejandro Cárdenas et le brésilien Sanderlei Claro Parrela. Faisant jeu égal avec ses adversaires pendant le première partie de la course, il accélère aux 200 m et déborde Jerome Young dans le dernier virage, avant de se détacher dans la dernière ligne droite et couper la ligne en 43"18, établissant ainsi un nouveau record du monde, battant la précédente marque de 0"11. Parrela finit 2e en 44"29, soit 1"11 derrière Johnson. Le deuxième 200 m de Johnson (21"96) est une démonstration flagrante de son énorme capacité de finisseur. Ayant remporté 8 titres de champion du monde, il efface définitivement Carl Lewis des tablettes, deux jours plus tard, en remportant le relais 4x400 m, ce qui porte à neuf le nombre de médailles d'or obtenues lors des Championnats du monde.

Pour sa dernière saison d'athlète de haut niveau, Johnson axe sa préparation sur la conquête d'un dernier titre olympique sur 400 m. Il a aussi en tête l'idée d'améliorer son propre record du monde et devenir, par la même occasion, le premier homme à courir sous les 43 secondes. Il prépare sa tentative de record en partant s'entraîner en Afrique du Sud, en début de saison. Il y enchaîne des performances de tout premier plan battant tout d'abord le vieux record du monde de Danny Everett sur 300 m en 30"85A contre 31"48 à son aîné. Il signe aussi un excellent 19"71A sur 200 m, ainsi qu'un 43"9 sur 400 m. Revenu aux États-Unis, tous les observateurs attendent, lors des Trials à Sacramento, une confrontation entre Johnson et Maurice Greene le nouveau champion du monde en titre du 200 m. Néanmoins tous les deux sont sortis en séries sur blessure. Avant cela, Johnson s'était brillamment qualifié sur 400 m en 43"68.

Fin septembre, aux Jeux Olympiques de Sydney il devient, à tout juste 33 ans, le premier homme à conserver un titre olympique sur 400 m en gagnant la finale olympique en 43"84. Cependant, il ne parvient pas à améliorer son record du monde sur la distance, faute de conditions météo idéales. Il se contente juste, n'ayant aucun adversaire à sa mesure, d'assurer la médaille d'or. Quelques jours plus tard, il gagne un deuxième titre olympique avec le relais 4x400 m, huit ans après le premier, portant à cinq son total de médailles d'or olympiques.

En janvier 2001, d'un commun accord avec son entraîneur Clyde Hart, Johnson annonce qu'il ne participera pas aux prochains Championnats du monde d'Edmonton et qu'il met un terme définitif à sa carrière.

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G
Trop Puissance Johnson ! Mitique
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